Des fêtes clandestines leur pourrissent la vie depuis trois ans à Bordeaux : « Un coin en or devenu zone de non-droit »

Actu Bordeaux | 30/06/2026

Depuis trois ans, des habitants du quartier Ginko se plaignent de nuisances sonores venant du lac de Bordeaux. Une situation qui s'accentue et se détériore chaque été.

Des fêtes clandestines leur pourrissent la vie depuis trois ans à Bordeaux : « Un coin en or devenu zone de non-droit »

« Je n’en peux plus que ma fille de six ans me dise qu’elle est fatiguée avant d’aller à l’école car elle n’a pas pu dormir à cause de bruit », peste Damien* ce vendredi 26 juin 2026. Cet habitant du quartier Ginko est à bout. Depuis trois ans, des nuisances sonores aux abords du lac de Bordeaux viennent gâcher la tranquillité des riverains et commerçants. En avril dernier, ils sont montés au créneau pour alerter la municipalité sur cette situation qui perdure et s’aggrave l’été.

Les rassemblements festifs non autorisés débutent en fin d’après-midi et se terminent parfois à 4 heures du matin. © Actu Bordeaux

 

Des fêtes clandestines du mercredi au dimanche

De base, le lieu est calme et agréable. « C’est un coin d’or à Bordeaux mais qui est devenu une zone de non-droit », assure Damien. Ces rassemblements festifs se tiennent au lieu-dit des Dames du lac, à quelques mètres de la plage.

Auparavant, des stands de cuisine étaient tenus par des familles vietnamiennes le week-end. « C’était super ! On mangeait bien, il y a de la musique et cela embêtait personne. » Désormais, l’ambiance a changé. Dès que les beaux jours arrivent, des groupes de 20 à 40 personnes s’installent et diffusent de la musique à très fort volume. » Des évènements qui débutent en fin d’après-midi et se terminent très tard dans la nuit.

« Au départ, ce n’était que l’été et les week-ends. Maintenant, ça commence dès le mois d’avril et jusqu’en octobre. Parfois, ils commencent la fête le mercredi soir », clame Gabriella, une autre habitante du quartier Ginko qui n’en peut plus.

« Les murs vibrent chez moi. Je ne vais plus au lac car ils arrivent à me dégoûter du lieu. C’est devenu une salle des fêtes à ciel ouvert. » Outre les nuisances sonores, les riverains alertent aussi sur des risques d’incendie.

« Ils font des barbecues à même le sol sous des pins. Il faut un drame pour que la municipalité réagisse ? » s’agace Damien qui a lancé une pétition en avril dernier pour que les désagréments remontent aux oreilles de la mairie.

Un hôtel impacté

Les professionnels sont aussi impactés par cette situation. À quelques mètres des Dames du lac, l’hôtel Ibis Styles est en première ligne. Avec plus de 40 chambres qui donnent sur la plage, les clients tombent rarement dans les bras de Morphée.

« Quand nous envoyons nos enquêtes de satisfaction, les clients s’en plaignent régulièrement. Le soir, ils appellent la réception pour dire qu’ils ne peuvent pas dormir à cause de bruit nocturne », confie la directrice de l’établissement à Actu Bordeaux.

« Pour réagir, on appelle la police pour signaler les nuisances mais elle ne peut rien faire. » Pour cause, l’hôtel se situe sur la commune de Bruges mais les rassemblements festifs se déroulent à Bordeaux. 

De son côté, Damien ne cesse d’appeler les autorités pour que les fêtes s’arrêtent. En vain. « J’ai dû passer une trentaine d’appels. Il y a quelques interventions mais les sanctions sont minimes. Une amende pour tapage nocturne coûte 68 euros. Les participants se cotisent, ça ne leur coûte rien et ils recommencent. »

Le riverain souhaite donc plus de fermeté avec la mise en place d’un arrêté préfectoral pour saisir le matériel de sonorisation pour retrouver le calme dans le quartier

Contactée, la mairie de Bordeaux n’a pas répondu aux sollicitations d'Actu Bordeaux à l’heure où cet article est publié. 

 

*Les prénoms ont été modifiés pour préserver l’identité des personnes


Auteur(s) : © Actu Bordeaux

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